L'Origata

L’Origata prend racine en 690 avant notre ère, dans le premier Shikinen-sengu, le rituel de reconstruction tous les 20 ans du Grand Temple d’Ise.

Au cours de ce rituel, les Saigus, qui étaient les filles de l’Empereur, offraient des ormeaux aux divinités appelées *Kamis afin de témoigner de leur gratitude envers les bienfaits de la nature.

Ces ormeaux étaient emballés à la façon ritualisée de l’Origata, afin de les purifier de la vie terrestre et de symboliser la sincérité de leurs sentiments envers les kamis.

Au 14ème siècle, pendant la période Muromachi, la famille du gouverneur militaire du Japon, la famille Ashikaga, adapta le protocole de l’Origata aux cadeaux faits entre personnes. Ce protocole est conservé depuis cette époque par la famille Ogasawara dans un livre appelé Sangi Itto.

L’Origata naît du mariage des plis d’une enveloppe de papier et d’un nœud de mizuhikis, de fines cordelettes de papier rouges et blanches minutieusement torsadées. Ces deux couleurs représentent le Yin et le Yang, qui une fois enlacées symbolisent la naissance d’une chose, d’un moment ou d’un être nouveau. Ainsi ce nœud n’est pas un simple ornement mais représente l’invocation de la relation entre deux personnes.

Plusieurs éléments se combinent pour donner naissance à l’Origata :

· Le type de papier, appelé Danshi et Hoshoshi, traditionnellement papier naturel fait à la main et produit à partir des troncs d’arbres, qui sert à produire les feuilles utilisées ainsi qu’une fois torsadé très finement, les cordelettes nécessaires à l’emballage.

· Le type de pliage, appelé "Ori".

· Le type de nœud, appelé "Musubi".

· Le nombre de cordelettes utilisées.

 

L’alliance de ces 4 éléments crée le langage de l’Origata qui permet de transmettre les mouvements du cœur d’une personne offrant un cadeau.

A la fin de la période Edo, au XIXème siècle, il y avait plus de 2000 formes d’Origata et une personne avertie pouvait deviner ce qu’un emballage contenait simplement en regardant sa forme.

A partir du début de l’ère Edo, au 17ème siècle, l’Origata fut utilisé dans la famille du Shogun, le gouverneur militaire du Japon, ainsi que dans la famille impériale afin de symboliser leur courtoisie et leur générosité. L’Origata est devenu la cristallisation des mouvements du cœur et un sommet du raffinement japonais.

*Le Kami désigne dans le culte Shinto l’indéfinissable âme / esprit de la nature.

Origata pour la famille impériale de la part d’une entreprise française.

Lorsqu’un Origata est réalisé pour la famille impériale, on utilise un Mizuhiki spécial fabriqué par la société Kurenai d’un aspect au premier abord noir mais qui devient rouge au toucher.

Seule la famille impériale est autorisée à utiliser ce Mizuhiki.

Le papier que nous utilisons pour nos cérémonies est réalisé par Ichibei Iwano IX, un artisan portant le titre de trésor national vivant. Il est spécialiste de Washi, le papier traditionnel japonais qu’il fabrique à Fukui. Pablo Picasso utilisait le papier fabriqué par le père d’Ichibei Iwano pour ses lithographies.
Les Mizuhiki que nous utilisons sont fabriqués par Yoshiyuki Nonomura de Iida, qui est le dernier artisan à encore réaliser des Mizuhikis à la main.